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II. Autres contes & légendes

Le Demberg 627 m est le promontoire le plus avancé entre la vallée de la Lauch et le vallon de Murbach.

Au 16ème siècle on y cherchait du minerai de cuivre. Des mines d'hématite furent ainsi exploitées jusqu'au 18ème siècle.

C'est de là, que jadis, le diable envoya quelques blocs de pierre sur Buhl , pour écraser l'église qui se dresse fièrement sur la colline.

Il était onze heures du matin quand le curé fit sonner les cloches et les habitants furent sauvés des intentions du malin.

Depuis, sur le Demberg, les grosses pierres dorment et attendent. L'une d'entre elles, que Satan n'a pas eu le temps de lancer sur le village, porte deux enfoncements laissés par la griffe du démon.

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Un jour, un preux chevalier qui revenait d'un pelerinage à Murbach, s'arrêta sur un coteau. Fatigué par la marche, il s'endormit au pied d'un tilleul. A son réveil, il fut agréablement surpris de percevoir un suave parfum qui embaumait tout autour de lui.

Cette odeur exquise venait d'un scarabée dont les élytres refermés étaient marqués d'une croix noire. Le pelerin reconnut là un signe du ciel. Il fit le voeu de bâtir une chapelle et loyalement tint sa promesse. Plus tard, l'église de Buhl fut érigée à la place même où s'élevait cette chapelle.

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Saint Gangolphe, près de Buhl est un pauvre chevalier errant, qui essaie depuis des temps immémoriaux , de se consoler de ses malheurs conjugaux.

Las de la conduite scandaleuse de son épouse, il quitte sa Lorraine natale pour venir s'installer ici chercher l'oubli et la paix du coeur.

Ne voulant pas arriver les mains vides, le fugitif apporta dans son bâton de pelerin la source qui jaillit sous la chapelle et alimente la fontaine.

Entrez sans crainte dans le sanctuaire. Celui qui l'habite ne vous refusera pas l'aide que vous pourrez lui demander. Mais mesdames, réfléchissez bien avant de tremper votre main dans l'eau de la fontaine.

On raconte , en effet, qu'un jour l'épouse était venue le voir dans ce coin retiré et qu'il avait de bonnes raisons de douter de sa fidélité. Gangolphe demanda à sa femme de se soumettre à l'épreuve de l'eau. L'imprudente créature s'éxécuta et en retira une main noire comme du jais.

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Une autre légende veut que Gangolph vivait à Varennes sous Pépin le Jeune. Après une campagne guerrière, en passant par la Champagne pour rentrer chez lui, il s'arrêta au bord d'une source dont les eaux étaient bonnes et pures à boire. Il proposa au paysan qui en était propriétaire de la lui acheter. Le paysan, riait d'avance sous cape, car il comptait bien lui vendre la source et la lui reprendre ensuite. Gangolph d'Avallon lui compta cent sous et s'en retourna chez lui à Varennes où il planta son baton dans l'entourage de sa demeure.

Le lendemain, manquant d'eau pour se laver, il demanda à l'un de ses domestiques de retirer le baton et d'apporter l'eau qui coulerait dessous. Le domestique obéit et recueuillit l'eau de source qui n'était autre que celle du paysan.

Gangolph découvrit alors l'adultère de son épouse avec un prêtre. Il demanda justice par le feu et bien que maintenu sous l'eau, le bras de son épouse fut brûlé. Ce phénomène de justice divine permit de dévoiler la culpabilité de son épouse.

En chemin pour Avallon, il traversait une prairie d'Alsace, couverte de plantes aromatiques et entourée de vertes forêts. Là, il laissa couler la source et se fit bâtir une cellule où il fut visité par de nombreux pelerins.

Malheureusement l'amant de sa femme le retrouva et le tua en l'an 760 par un coup d'épée. Son corps fut ramené à Varennes. Plusieurs miracles eurent lieu sur sa tombe.

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Le "Bollenberg" à Orschwihr est le lieu de rendez-vous des sorcières pour leur sabbat.

Une chapelle dédiée à Sainte Apolline y est érigée. Sainte Apollonia est invoquée pour soulager les maux de dents. En effet le bourreau lui avait arraché toutes les dents lors de son éxécution.

La construction de cette chapelle a permis de découvrir les vestiges d'une église entourée d'un cimetière mérovingien.

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La croix de la Mission sur le vignoble de Guebwiller fut élevée en 1520 aux frais d'un riche marchand drapier. Le promontoire qui la porte domine une parcelle réputée pour la qualité de ses vins.

D'après la légende ce terrain était jadis extrêmement aride et impropre à toute culture. Il servait uniquement de dépôt pour les pierres dont les habitants débarrassaient leurs champs. L'un deux, un nommé Kutter, appelé Kitterlé, en raison de sa petite taille, acheta ce terrain et, grâce à un travail acharné, le transforma en une terre fertile qu'il planta de vignes.

Il reste sur le versant sud-ouest, les vestiges d'un mur blanc. Ainsi donc, un château couronnait jadis le sommet de l'"Oberlinger". Il avait juste autant de fenêtres que l'année compte de jours. Lorsque toutes les fenêtres s'illuminaient aux rayons du soleil, c'était une splendeur qui rayonnait bien au-delà du Rhin.

Ce château a disparu depuis fort longtemps, mais on peut voir quelquefois, à l'heure de midi, la châtelaine descendre de la montagne et se rendre en direction du sud, près d'une fontaine située sur le chemin menant à Bergholtz.

A l'aller, elle est toute radieuse, chantant à ravir, et laissant à peine une trace de son soulier d'or sur le sable du chemin.

Au retour, au contraire, elle pleure à chaudes larmes et traîne le pas qui imprime des marques profondes sur le sentier.

C'est qu'elle a attendu en vain son bien-aimé, qui, venant de l'est, à passé outre, sans se soucier d'elle, pour disparaître à l'ouest derrière les montagnes.

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En 1445, dans la nuit du 13 au 14 février, Brigitte Schick, une guebwilleroise sauva la ville en réveillant les habitants lors de l'attaque des Armagnacs. Ses alliés : les bottes de paille qu'elle a allumées sous les remparts, les cris qu'elle a poussés et alliés inespérés et de force surnaturelle, la Sainte Vierge qui apparut aux Ecorcheurs et Saint Valentin qui se promena sur les remparts.
Pétrifiés les assaillants auraient pris la fuite sans demander leur reste en oubliant leurs échelles que l'on peut voir dans l'église Saint Léger.

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Le "Dreibannstein" tient son nom d'une borne qui se trouve au point de rencontre des bans de Guebwiller, Buhl et Bergholtz Zell.

Plus bas se trouve le "Heissenstein" (la pierre chaude).

On dit que, quelquefois, un beau serpent , brillant de mille couleurs, couronné de diamants, descend du rocher au bord de la rivière, la Lauch.

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Jadis les fidèles se réunissaient dans deux chapelles à Guebwiller. L'une consacrée à Saint Nicolas s'érigeait près du Heissenstein, l'autre, dédiée à Saint Michel, se dressait au sommet du Schimmelrain.

Le sanctuaire du Schimmelrain étaient desservi par des religieux dont l'humble demeure se trouvait non loin de là, près d'une source au fond d'un vallon solitaire.

Cet endroit est appelé "Bruderhaus" (ermitage)

La chronique nous rapporte que vers 1300, l'ermitage était habité par trois frères qui passaient leur vie dans la prière, l'abstinence et le mortification.

Comme ils étaient très estimés à l'abbaye de Murbach, il advint que les moines leur envoyèrent à la veille du Carême, du poisson qui leur était resté. Pendant toute la période de jeûne on ne vit pas les ermites. La population et surtout les habitants en furent intrigués.

Après de longues hésitations et tandis que circulaient déjà diverses rumeurs, on décida enfin de pénétrer dans l'ermitage. Ceci se passait le Jeudi Saint.
Les plus hardis enfoncèrent la porte et chacun se précipita à la suite pour savoir ce qu'étaient devenus les frères charitables. On les trouva couchés sur leur tables , plongés dans un profond sommeil. Mais les provisions dont leur avaient fait présent les moines de Murbach étaient intactes.
A leur réveil les ermites se jetèrent à genoux et passèrent le reste de la journée à louer le Seigneur.

Me lendemain, un violent orage éclata brusquement, menaçant de détruire toutes les récoltes de la vallée. Devant ce danger, les frères supplièrent Dieu de détourner le malheur. Le Très-Haut entendit leurs prières. Le vent, la grêle, la pluie cessèrent aussitôt et le soleil se mit à réchauffer la terre nourricière.
Une croix de fer et une source - leur source - perpétuent le souvenir des ermites.

Tag(s) : #CONTES & LEGENDES

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